samedi 8 mars 2008

A la Maison de la Presse

D'une main je tenais l'hebdo ouvert et mon petit carnet dessus, de l'autre je griffonnais des notes, je sentais l'impatience de l'employé de la Maison de la Presse debout à côté de moi mais je continuais mon travail sans lui jeter un regard. Il ne fallait pas qu'il compte que j'achète ce numéro au titre racoleur -La nouvelle sexualité des français- que je le glisse dans le sac à courses et qu'il finisse sa vie en pile dans ma chambre, à la droite de mon lit de vieux célibataire.

Ce n'était pas du reste le visage de la sexualité des français en général qui m'intéressait, je n'étais pas leur président après tout, mais plutôt à la mienne: je voulais savoir si j'étais dans le coup. Enfin il faut reconnaître qu'en ce moment c'était plutôt calme de ce côté-là. Mais, dans mes périodes plus actives, pour le genre de choses que je pratiquais, rien que du très conventionnel, il y avait quand même un certain pourcentage de la population masculine qui le faisait moins souvent que moi. C'était aussi intéressant de savoir combien il y avait de gens qui pratiquaient des choses que je n'osais même pas imaginer, il y en avait quand même pas mal qui les faisaient. Sans parler du glauque, du noirâtre, du qui me faisait carrément horreur.

Comme tous les hommes j'avais aussi mon jardin secret. Mon jardin secret c'était la petite Myriam, l'employée de la boulangerie où j'achetais mon pain tous les matins, et ça m'intéressait aussi bigrement de savoir à 67% ce qu'elle faisait avec son copain, la nuit. J'étais sûr que, jolie comme elle était, elle avait un copain. Je constatais d'après les chiffres que, vu son âge, ils ne devaient pas s'ennuyer au lit. Ce devait être un homme à peine plus âgé qu'elle, avec une peau couverte de tâches de rousseur, d'un blanc laiteux là où habituellement il portait un slip; cette pensée me produisit un sentiment étrange. Je le voyais parfaitement: pas un cheveu sur le caillou, le crane rasé de près. Et soudain son noeud devant moi, énorme, menaçant.

Dans un mouvement d'horreur je lâchais tout ce que je tenais en main. La petite Myriam avait disparu. J'étais en train de m'imaginer que j'étais au lit avec lui!

2 commentaires:

barb michelen a dit…

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J'adore la fin, excellent !