vendredi 13 mars 2009

L'hypothèse de Riemann

Le Monde édition datée du 13 mai 2013 : « Une équipe du MIT lève un mystère qui a intrigué les mathématiciens depuis plus de cent cinquante ans (Corresp. Particulière). Après plusieurs années d’un travail acharné et grâce à la mise à la mise en parallèle des trois plus gros ordinateurs mondiaux : un américain, un russe et un européen, l’équipe du professeur Pafroaôzieu du MIT a réussi à confirmer l’hypothèse de Riemann. Rappelons, sans rentrer dans des détails trop fastidieux, que Riemann lui-même avait écrit à l’académie de Berlin ne pas être en mesure de démontrer sa célèbre hypothèse. Une légende tenace, sensée reposer sur une confidence de Riemann sur son lit de mort, selon laquelle il aurait finalement réussi à démontrer son hypothèse a longtemps circulé. On n’a toutefois jamais pu trouver la moindre indication en ce sens dans ses papiers posthumes … »
Frau Hauptkopf soupira en pénétrant dans la chambre qu’elle louait à Herr Professor Bernhard Riemann. Elle en avait vu de toutes sortes depuis qu’elle avait dû se résigner, en raison d’un veuvage précoce, à louer des chambres de sa grande maison de Göttingen à des étudiants et des jeunes professeurs de l’université. Mais une chambre aussi pleine de désordre, de pagaille même, elle n’en avait jamais vue. Il faut dire qu’un locataire comme Herr Professor Riemann elle n’en avait jamais vu non plus. C’était le plus doux, le plus poli des êtres mais complètement désarmé face aux exigences de la vie matérielle. C’était comme si tous les objets se donnaient en permanence le mot pour rendre sa vie plus difficile. Avec lui les manches des casseroles d’eau bouillante tournaient régulièrement, les verres de vin pleins se renversaient systématiquement, les pans de chemise s’évadaient habituellement des culottes. Ce n’était pas que Herr Professor Riemann fût maladroit. Non car même la plus grande des maladresses a ses bornes. En fait Herr Professor Riemann était en guerre permanente avec les choses. Et bien sûr cette guerre, les choses la gagnaient facilement. Trop facilement même. Alors Frau Hauptkopf qui avait gardé un cœur généreux faisait ce qu’elle pouvait pour faciliter la vie du pauvre Herr Professor Riemann. Elle lui préparait ses repas, elle lui repassait son linge. Il était chaque fois confus et il la récompensait généreusement. Et pour elle le bénéfice était double car elle évitait également qu’un réchaud resté trop longtemps allumé dans sa chambre ne finisse par mettre le feu à la maison ou qu’un fer à peine sorti de son support de charbon de bois ne tombe sur le parquet où il ferait immanquablement une marque noire.

Cette fois-ci il ne s’agissait pas de nourriture ou de vêtements mais de quelque chose de plus grave, quelque chose qu’en temps normal Frau Hauptkopf n’avait absolument pas le droit de faire. Elle s’y était risqué une fois, une seule fois, au début, et elle avait alors vu le doux, le pacifique Bernhard Riemann, il n’était pas encore Professor, se transformer en tigre enragé. « Jamais, vous m’entendez jamais, Frau Hauptkopf, avait il assené d’une voix effrayante, blanche de rage, vous ne devez toucher mes papiers. Jamais, sous aucun prétexte ». Frau Hauptkopf avait été tellement impressionnée qu’elle s’était jusqu’à présent tenu scrupuleusement à la consigne donnée. Elle avait pris l’habitude de faire le ménage entre les papiers qui jonchaient le petit bureau de bois blanc, le lit et souvent le sol. Mais là c’était différent. Herr Professor Riemann venait de partir un mois en Italie pendant les vacances universitaires pour se reposer les poumons. La chambre s’offrait, désarmée, sans défenseur, à la rage de rangement de Frau Hauptkopf. Elle avait décidé de faire enfin régner l’ordre au sein de sa maison.

Cependant Frau Hauptkopf s’avéra moins déterminée qu’elle le croyait. Après avoir aéré, passé la serpillière là où le sol était libre de papiers, retapé le lit et écartant les papiers qui le jonchaient et lavé les assiettes sales qui traînaient depuis plus d’une semaine, son ardeur s’éteint quand il s’agit de s’attaquer au rangement des papiers. Quelle peur, quel sentiment de respect pour ce qu’elle ne comprenait pas la retint ? Difficile à dire. En tout cas, sur le point de le mener à bien, elle renonça à son projet. Y renonça-t-elle complètement ? Non, car elle ne put s’empêcher de froisser et de jeter une feuille papier sur le bureau sur laquelle le fond d’une chope de bière avait laissé une trace circulaire. Un papier gâché par de la bière devait dans son esprit rabaissé ce papier à un niveau d’immondice auquel il ne pouvait pas bénéficier de la protection tutélaire de Herr Professor Riemann.

Alors ce papier, conformément à la légende, contenait-il en quelques lignes lumineuses la solution du mystère de l’hypothèse de Riemann ? Et bien non, c’était une simple note de restaurant. Et alors qu’en est-il de la véracité de la légende ? Eh bien, ce n’est pas cette histoire qui vous le dira.
édition datée du 13 mai 2013 : « Une équipe du MIT lève un mystère qui a intrigué les mathématiciens depuis plus de cent cinquante ans (Corresp. Particulière). Après plusieurs années d’un travail acharné et grâce à la mise à la mise en parallèle des trois plus gros ordinateurs mondiaux : un américain, un russe et un européen, l’équipe du professeur Pafroaôzieu du MIT a réussi à confirmer l’hypothèse de Riemann. Le Monde Rappelons, sans rentrer dans des détails trop fastidieux, que Riemann lui-même avait écrit à l’académie de Berlin ne pas être en mesure de démontrer sa célèbre hypothèse. Une légende tenace, sensée reposer sur une confidence de Riemann sur son lit de mort, selon laquelle il aurait finalement réussi à démontrer son hypothèse a longtemps circulé. On n’a toutefois jamais pu trouver la moindre indication en ce sens dans ses papiers posthumes … »

Frau Hauptkopf soupira en pénétrant dans la chambre qu’elle louait à Herr Professor Bernhard Riemann. Elle en avait vu de toutes sortes depuis qu’elle avait dû se résigner, en raison d’un veuvage précoce, à louer des chambres de sa grande maison de Göttingen à des étudiants et des jeunes professeurs de l’université. Mais une chambre aussi pleine de désordre, de pagaille même, elle n’en avait jamais vue. Il faut dire qu’un locataire comme Herr Professor Riemann elle n’en avait jamais vu non plus. C’était le plus doux, le plus poli des êtres mais complètement désarmé face aux exigences de la vie matérielle. C’était comme si tous les objets se donnaient en permanence le mot pour rendre sa vie plus difficile. Avec lui les manches des casseroles d’eau bouillante tournaient régulièrement, les verres de vin pleins se renversaient systématiquement, les pans de chemise s’évadaient habituellement des culottes. Ce n’était pas que Herr Professor Riemann fût maladroit. Non car même la plus grande des maladresses a ses bornes. En fait Herr Professor Riemann était en guerre permanente avec les choses. Et bien sûr cette guerre, les choses la gagnaient facilement. Trop facilement même. Alors Frau Hauptkopf qui avait gardé un cœur généreux faisait ce qu’elle pouvait pour faciliter la vie du pauvre Herr Professor Riemann. Elle lui préparait ses repas, elle lui repassait son linge. Il était chaque fois confus et il la récompensait généreusement. Et pour elle le bénéfice était double car elle évitait également qu’un réchaud resté trop longtemps allumé dans sa chambre ne finisse par mettre le feu à la maison ou qu’un fer à peine sorti de son support de charbon de bois ne tombe sur le parquet où il ferait immanquablement une marque noire.

Cette fois-ci il ne s’agissait pas de nourriture ou de vêtements mais de quelque chose de plus grave, quelque chose qu’en temps normal Frau Hauptkopf n’avait absolument pas le droit de faire. Elle s’y était risqué une fois, une seule fois, au début, et elle avait alors vu le doux, le pacifique Bernhard Riemann, il n’était pas encore Professor, se transformer en tigre enragé. « Jamais, vous m’entendez jamais, Frau Hauptkopf, avait il assené d’une voix effrayante, blanche de rage, vous ne devez toucher mes papiers. Jamais, sous aucun prétexte ». Frau Hauptkopf avait été tellement impressionnée qu’elle s’était jusqu’à présent tenu scrupuleusement à la consigne donnée. Elle avait pris l’habitude de faire le ménage entre les papiers qui jonchaient le petit bureau de bois blanc, le lit et souvent le sol. Mais là c’était différent. Herr Professor Riemann venait de partir un mois en Italie pendant les vacances universitaires pour se reposer les poumons. La chambre s’offrait, désarmée, sans défenseur, à la rage de rangement de Frau Hauptkopf. Elle avait décidé de faire enfin régner l’ordre au sein de sa maison.

Cependant Frau Hauptkopf s’avéra moins déterminée qu’elle le croyait. Après avoir aéré, passé la serpillière là où le sol était libre de papiers, retapé le lit et écartant les papiers qui le jonchaient et lavé les assiettes sales qui traînaient depuis plus d’une semaine, son ardeur s’éteint quand il s’agit de s’attaquer au rangement des papiers. Quelle peur, quel sentiment de respect pour ce qu’elle ne comprenait pas la retint ? Difficile à dire. En tout cas, sur le point de le mener à bien, elle renonça à son projet. Y renonça-t-elle complètement ? Non, car elle ne put s’empêcher de froisser et de jeter une feuille papier sur le bureau sur laquelle le fond d’une chope de bière avait laissé une trace circulaire. Un papier gâché par de la bière devait dans son esprit rabaissé ce papier à un niveau d’immondice auquel il ne pouvait pas bénéficier de la protection tutélaire de Herr Professor Riemann.

Alors ce papier, conformément à la légende, contenait-il en quelques lignes lumineuses la solution du mystère de l’hypothèse de Riemann ? Et bien non, c’était une simple note de restaurant. Et alors qu’en est-il de la véracité de la légende ? Eh bien, ce n’est pas cette histoire qui vous le dira.

2 commentaires:

Dan a dit…

L'art de nous tenir en haleine :)

Anonyme a dit…
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